La Menace

La Menace
Le lendemain matin, alors que Claire venait à peine de s'installer dans le petit appartement qu'elle et Marc louaient à Orléans, on frappa à la porte.
C'était Véronique. Seule. Vêtue d'un tailleur gris impeccable, comme si l'orage de la veille n'avait jamais eu lieu.
« Je peux entrer ? » demanda-t-elle, d'une voix presque douce.
Claire hésita, puis s'effaça pour la laisser passer. L'enfant choisit ce moment pour donner un coup de pied particulièrement vigoureux, comme un rappel de ce qui était vraiment en jeu.
Véronique s'assit sur le canapé sans y être invitée. Elle regarda autour d'elle, l'appartement modeste, les meubles simples, avec une expression qui trahissait un mépris à peine dissimulé.
« Je suis venue m'excuser, » dit-elle enfin. « Pour hier soir. J'ai... j'ai trop bu. Les fêtes me rendent nerveuse depuis la mort d'Édouard. »
Claire ne répondit pas immédiatement. Elle s'assit face à sa belle-mère, les mains posées sur son ventre.
« Je sais pour la convention, Véronique. Pour le partenariat entre mon père et Édouard. Pour le manoir. »
Le visage de Véronique se figea, l'espace d'une seconde, avant de retrouver son masque de politesse froide.
« Je ne vois pas de quoi tu parles. »
« Julien a le dossier. L'acte original, signé par les deux hommes. Il est en train de le faire authentifier. »
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Véronique se leva, lentement, et se dirigea vers la fenêtre. Dehors, le ciel de décembre restait chargé de nuages gris, promesse d'une nouvelle averse.
« Tu ne comprends pas ce que tu es en train de faire, » dit-elle enfin, sans se retourner. « Ce domaine, c'est trente ans de ma vie. J'ai tout donné pour cette maison. Pendant qu'Édouard négociait ses contrats et rentrait ivre de ses voyages d'affaires, c'est moi qui gérais tout. Les rénovations. Les employés. L'éducation de Marc. »
« Personne ne conteste votre travail, Véronique. Mais cela ne change rien au fait que la moitié de ce domaine appartient légalement à ma famille. »
Véronique se retourna, et pour la première fois, Claire vit quelque chose d'autre que le mépris dans ses yeux. De la peur, peut-être.
« Si cette convention est rendue publique, » dit Véronique, « la vente des terres à la commune de Chaumont-sur-Loire s'effondre. J'ai déjà engagé des frais. Des architectes. Un projet qui doit financer les dix prochaines années d'entretien du domaine. »
« Alors trouvez un arrangement, » dit Claire. « Un arrangement honnête, cette fois. Pas un silence de plus. »
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Le ton de Véronique changea brusquement, redevenant celui, glacial, de la veille au soir.
« Écoute-moi bien, Claire. Si tu portes cette affaire devant un tribunal, je me battrai. J'ai les meilleurs avocats de la région. Et je peux rendre ta vie, et celle de Marc, absolument misérable. Il travaille pour l'entreprise familiale. As-tu pensé à ce qui arriverait à son emploi si cette affaire devenait un scandale public ? »
Claire sentit la colère monter, mais elle garda la voix calme.
« Marc a déjà fait son choix, Véronique. Il est de mon côté. Du côté de son enfant. »
« Nous verrons combien de temps cela dure, » dit Véronique, en se dirigeant vers la porte. Elle s'arrêta, la main sur la poignée. « Réfléchis bien, Claire. Une main tendue vaut mieux qu'un procès qui traîne pendant des années. Je pourrais t'offrir un arrangement financier. Discret. Généreux, même. À condition que ce dossier disparaisse définitivement. »
Elle sortit sans attendre de réponse.
Claire resta assise, les mains tremblantes, sentant l'enfant bouger contre ses paumes comme pour lui rappeler qu'aucune somme d'argent ne valait la vérité qu'ils venaient de découvrir.
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Lisez la suite, Chapitre 7 — parce que Marc va apprendre jusqu'où sa mère est prête à aller pour protéger son secret, et cela va le briser.