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La Rencontre

Chapter 08 - La Rencontre

Nathan gare sa voiture devant la maison de mes parents une heure plus tard, sur ma demande.

Je l'ai prévenu, dans la voiture, du reste de l'histoire : la manipulation de mon grand-père, la fusion Verdier, la peur de mon père que tout s'effondre si la vérité éclate au mauvais moment.

Il a écouté sans un mot, la mâchoire serrée.

"Donc ton père savait, depuis onze ans, que ma famille avait failli être ruinée par la sienne, et il a préféré continuer à profiter de cette formule volée plutôt que de réparer quoi que ce soit."

"Ce n'est pas si simple."

"Ça l'est plus que tu ne le penses, Camille."

On sonne. Ma mère ouvre, le visage tendu.

"Il est là," dit-elle simplement, en s'écartant pour laisser entrer Nathan.

Léo est dans le salon, assis sur le tapis, en train de dessiner. Il lève les yeux en entendant du bruit.

Il regarde Nathan longuement, avec cette intensité tranquille qui n'appartient qu'à lui.

Personne ne dit rien.

Puis Léo se lève, va chercher quelque chose dans sa poche, et tend le flacon ambré vers Nathan.

"C'est toi qui as fait ça avec Maman ?"

Nathan s'accroupit à sa hauteur, prend le flacon avec une délicatesse presque religieuse.

"Oui," dit-il, la voix rauque. "On l'a fait ensemble, il y a très longtemps."

"Il sent bon."

"Il n'est pas fini. Il lui manque encore quelque chose."

"Quoi ?"

Nathan regarde le flacon, puis Léo, puis moi.

"Je ne sais pas encore. Peut-être qu'on le découvrira ensemble."

C'est à ce moment que mon père entre dans la pièce, alerté par les voix, et se fige en voyant Nathan.

"Béraud," dit-il, la voix tendue.

"Delacroix." Nathan se relève, le flacon toujours à la main. "On a des choses à se dire, vous et moi."

"Je pense qu'on n'a rien à se dire du tout."

"Vraiment ? Parce que j'ai un fils de dix ans que je découvre aujourd'hui, et j'ai appris, dans la voiture, exactement comment ma famille a failli tout perdre il y a vingt-cinq ans, grâce à la vôtre."

Mon père blêmit.

"Ce sont des rumeurs anciennes—"

"Ce sont des faits, et vous le savez très bien. Ma grand-mère en parlait encore les larmes aux yeux avant de mourir."

Léo, sentant la tension monter, recule contre moi, cherchant ma main.

"Pas devant lui," dis-je doucement.

Nathan se calme immédiatement, s'accroupit à nouveau vers Léo.

"Tu veux bien aller dessiner un peu dans ta chambre, avec ta grand-mère ? Les adultes ont besoin de parler."

Léo hoche la tête, prend la main de ma mère, mais avant de partir, il se retourne vers Nathan.

"Tu reviendras ?"

"Toujours," répond Nathan, sans hésitation, comme s'il avait attendu toute sa vie de pouvoir prononcer ce mot à quelqu'un.

Une fois Léo et ma mère sortis de la pièce, le silence retombe, plus lourd que jamais.

Mon père s'assoit lentement dans son fauteuil, les épaules soudain plus basses.

"Qu'est-ce que vous voulez, Béraud ? De l'argent ? Des excuses publiques ?"

"Je veux la vérité, publiquement, sur ce qui est arrivé à ma famille il y a vingt-cinq ans. Et je veux avoir le droit d'être le père de mon fils sans que vous manipuliez encore une fois la situation pour sauver vos contrats."

Mon père serre les poignets de son fauteuil.

"Si cette histoire sort maintenant, la fusion Verdier tombe, et trente-deux familles perdent leur emploi cette année."

"Alors peut-être," dit Nathan, "qu'il est temps que vous trouviez un moyen de sauver ces emplois sans continuer à construire votre fortune sur un mensonge vieux de vingt-cinq ans."

Je regarde mon père, cherchant dans son visage une trace de l'homme qui, hier soir, avait eu peur pour la première fois devant moi.

Cette peur est toujours là. Mais quelque chose d'autre commence à s'y mêler.

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Quelque chose qui ressemble, peut-être, à de la honte.

Keep reading Part 9 — because mon père ne va pas rester les bras croisés, et sa prochaine décision va mettre Nathan, Léo et moi en danger d'une manière que je n'avais pas anticipée.

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