chapitre 08 - Le Choix

Chapter 08 - chapitre 08 - Le Choix
Ce soir-là, Vincent et Manon discutèrent longuement et sérieusement de cette visite surprenante de Geneviève, pesant soigneusement chaque option envisageable avec le sérieux que la gravité de la situation exigeait absolument d'eux.
« Elle propose de céder immédiatement tout son pouvoir décisionnel, » dit Manon, réfléchissant à voix haute, « volontairement, sans même l'obligation d'un procès formel. »
« Cela ne compense absolument pas ce qu'elle a fait subir, » répondit Vincent, la mâchoire fermement serrée par la colère contenue. « Elle a délibérément essayé de te tuer. Par deux fois distinctes et clairement préméditées. »
« Je le sais parfaitement bien, » dit Manon doucement, avec une lucidité étonnante malgré les circonstances traumatisantes. « Mais je pense également sérieusement à notre enfant à naître, Vincent. À ce que serait concrètement sa vie future, grandissant avec une grand-mère condamnée et emprisonnée, un nom de famille durablement associé à un scandale judiciaire retentissant, une entreprise familiale peut-être définitivement détruite par la publicité négative qui en résulterait inévitablement. »
Vincent resta silencieux un long moment, visiblement tiraillé entre sa colère parfaitement légitime et cette perspective pragmatique que Manon soulevait avec une lucidité remarquable, compte tenu de tout ce qu'elle venait personnellement de traverser ces dernières semaines.
Maître Delmas, consultée dès le lendemain matin sur cette question délicate, leur proposa alors une troisième voie possible et équilibrée. « Il existe effectivement une possibilité de règlement qui n'exclut pas totalement la justice pénale, » expliqua-t-elle avec son professionnalisme habituel. « Une reconnaissance officielle des faits devant un juge compétent, assortie d'une peine avec sursis complet et d'une obligation stricte de suivi psychiatrique régulier, combinée à un accord civil parallèle transférant immédiatement et de manière irrévocable la direction complète du groupe hôtelier à Vincent. Cela permettrait d'éviter un procès médiatique complet et potentiellement destructeur, tout en garantissant que les faits soient officiellement reconnus par la justice, et que Geneviève ne puisse plus jamais représenter le moindre danger réel pour qui que ce soit. »
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« Une obligation stricte de suivi psychiatrique, » répéta Vincent, songeur. « Vous pensez sincèrement qu'elle souffre de troubles véritablement pathologiques ? »
« Je ne suis évidemment pas psychiatre moi-même, » répondit prudemment Maître Delmas. « Mais un geste aussi grave, répété deux fois de manière distincte, avec ce niveau de préméditation manifeste, suggère fréquemment des troubles sous-jacents sérieux qui mériteraient assurément d'être pris en charge médicalement, indépendamment même de la question strictement pénale. Cela n'excuse évidemment en rien ses actes criminels, mais cela peut contribuer à expliquer, au moins partiellement, l'ampleur véritablement inquiétante de ce qui s'est produit. »
Manon et Vincent se regardèrent longuement dans les yeux, cherchant mutuellement la confirmation silencieuse d'une décision aussi lourde de conséquences qu'ils devaient impérativement prendre ensemble, en couple uni face à l'adversité.
« Je pense sincèrement que c'est la bonne voie à suivre, » dit finalement Manon, après cette longue réflexion partagée. « La justice sera véritablement rendue, Geneviève devra réellement affronter les conséquences légales de ses actes criminels, mais notre enfant à naître n'aura pas à porter, tout au long de sa vie future, le poids écrasant d'un scandale familial totalement destructeur pour son propre équilibre psychologique. »
Vincent hocha lentement la tête, une larme silencieuse glissant discrètement le long de sa joue fatiguée. « D'accord, Manon. Nous procéderons exactement de cette manière équilibrée. »
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L'audience officielle se tint trois mois plus tard exactement, dans la discrétion relative que permettait heureusement ce type particulier de procédure judiciaire, loin des caméras insistantes et des journalistes qui auraient pu naturellement s'intéresser à une affaire aussi sensationnelle impliquant une famille aussi en vue socialement que les Aubertin dans toute la région basque.
Geneviève reconnut officiellement les faits devant le juge compétent, sa voix étrangement éteinte, dépourvue de toute la superbe habituelle qui l'avait toujours caractérisée en société. Elle fut finalement condamnée à trois années de prison avec sursis complet, assorties d'une obligation stricte de suivi psychiatrique régulier pendant deux années entières, et signa, le jour même de l'audience, l'acte juridique transférant définitivement et irrévocablement la direction complète du groupe hôtelier Aubertin à son fils unique Vincent.
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En sortant du tribunal ce jour-là, elle croisa brièvement le regard de Manon, désormais visiblement enceinte de quatre mois bien avancés, une main protectrice naturellement posée sur son ventre arrondi.
« Je suis sincèrement désolée, » murmura Geneviève, une ultime fois, avant de s'éloigner définitivement seule vers sa voiture garée sur le parking du tribunal.