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chapitre 16 - Hugo

Chapter 16 - chapitre 16 - Hugo

Hugo, désormais âgé de cinq ans, gardait heureusement peu de souvenirs conscients de cette nuit terrible sur le yacht, sa mémoire d'enfant ayant miséricordieusement effacé la plupart des détails les plus traumatisants de cette chute et de cette immersion glaciale dans les eaux noires de la Méditerranée, ne conservant que des impressions fragmentaires et confuses qu'il évoquait rarement, et seulement de manière très indirecte.

Delphine et Marc, sur les conseils avisés d'une pédopsychiatre spécialisée dans les traumatismes infantiles précoces, avaient néanmoins entrepris avec leur fils un suivi thérapeutique régulier, destiné à s'assurer qu'aucune séquelle psychologique profonde ne subsiste, même inconsciemment, chez l'enfant, redoutant particulièrement l'apparition tardive de cauchemars récurrents ou d'une peur irrationnelle de l'eau qui aurait pu compromettre son développement futur.

« Il présente des signes remarquablement encourageants de résilience, » les rassura le docteur Amélie Fresnel, la pédopsychiatre suivant Hugo depuis ces événements traumatiques, lors d'une consultation de suivi organisée dans son cabinet niçois. « Sa jeune mémoire, combinée à l'amour et à la stabilité que vous lui offrez tous les deux au quotidien, lui permet de grandir sans que ce traumatisme initial ne définisse durablement son développement psychologique futur, ce qui constitue une évolution particulièrement positive compte tenu de la gravité des faits vécus. »

Hugo, en cette période, développait paradoxalement une passion grandissante pour la voile, accompagnant régulièrement son père lors de sorties en mer sur un petit voilier familial récemment acquis, bien différent des somptueux yachts qui avaient jadis constitué le décor de cette nuit terrible, une thérapie naturelle et progressive qui l'aidait, sans qu'il en soit pleinement conscient, à réapproprier positivement son rapport à l'élément marin.

« Je veux devenir capitaine, plus tard, » annonça-t-il fièrement un jour à ses parents, alors qu'ils naviguaient tranquillement au large de Cap-Ferrat par une belle après-midi ensoleillée, le vent gonflant doucement la voile blanche au-dessus d'eux. « Un capitaine qui protège toujours les gens sur son bateau, comme le monsieur qui nous a sauvés, Julien. »

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« Tu seras le meilleur capitaine que la Méditerranée ait jamais connu, » lui répondit Marc avec une tendresse infinie, échangeant un regard chargé d'émotion avec Delphine, mesurant ensemble le chemin parcouru depuis cette nuit où ils avaient failli perdre à jamais leur fils bien-aimé, cette gratitude silencieuse qui les unissait chaque jour davantage face à l'adversité surmontée ensemble.

Julien Castel lui-même, devenu au fil des mois un ami proche de la famille et non plus simplement un employé du groupe qu'ils croisaient occasionnellement, rendait régulièrement visite à Hugo, lui enseignant patiemment les rudiments de la navigation avec une pédagogie remarquable pour un homme habitué davantage aux commandes d'un yacht de soixante mètres qu'à celles d'un petit dériveur familial.

« Il apprend vite, » remarqua Julien un jour, observant Hugo manœuvrer avec une concentration touchante la barre du petit voilier sous sa surveillance attentive. « Il a certainement hérité de l'instinct marin de sa famille, malgré tout ce qui s'est passé. »

Delphine sourit à cette remarque, mesurant combien cette passion nouvelle de son fils pour la mer, loin de constituer un rappel douloureux du passé, semblait au contraire lui offrir une manière positive et constructive de se réapproprier cet élément qui avait failli, une nuit terrible, lui être fatal.

Le docteur Fresnel, poursuivant son suivi thérapeutique à intervalles désormais plus espacés, encouragea vivement cette évolution naturelle. « Il est remarquable, » observa-t-elle lors d'une consultation semestrielle, « de voir à quel point Hugo transforme cette expérience traumatisante en quelque chose de positif et de constructif pour lui-même. Cela témoigne d'une résilience psychologique exceptionnelle, très certainement renforcée par l'environnement stable et aimant que vous lui offrez au quotidien. »

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Marc, de son côté, veillait scrupuleusement à ce que chaque sortie en mer avec son fils reste empreinte de cette légèreté joyeuse propre à l'enfance, sans jamais laisser transparaître la moindre anxiété résiduelle qui aurait pu, sans qu'il en ait conscience, transmettre à Hugo une peur qu'il ne ressentait heureusement plus lui-même face à l'élément marin.

« Regarde comme il manœuvre bien pour son âge, » confiait fièrement Marc à Delphine, observant depuis le ponton leur fils diriger avec assurance son petit dériveur sur les eaux calmes de la baie, ce même petit garçon qui, cinq ans plus tôt à peine, avait failli disparaître à jamais sous ces mêmes flots.

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