newscapedaily

chapitre 13 - La Garde à Vue

Chapter 13 - chapitre 13 - La Garde à Vue

Régine de Vallière fut placée en garde à vue une semaine exactement après cette soirée terrible, les enquêteurs de la police judiciaire monégasque procédant à son interpellation directement à son domicile de Cap-Ferrat, tôt un mardi matin, en présence de son avocat pénaliste nouvellement engagé, dans une scène qui contrastait radicalement avec l'image de respectabilité que la villa avait toujours projetée aux yeux du voisinage.

Gérard Fenoy fut interpellé simultanément dans un autre domicile où il s'était réfugié depuis les événements, les deux époux étant conduits séparément vers les locaux de la police judiciaire pour y être interrogés méthodiquement sur l'ensemble des faits qui leur étaient reprochés : tentative d'homicide volontaire aggravée sur Delphine et Hugo de Vallière, ainsi que falsification de testament et malversations financières au préjudice du Groupe Maritime Vallière.

« Je n'ai jamais eu l'intention de leur faire du mal, » tenta d'expliquer Régine lors de son interrogatoire mené par l'inspecteur Damien Roussel, sa voix perdant progressivement toute l'assurance qui la caractérisait habituellement dans ses rapports avec autrui. « J'ai simplement... j'ai simplement paniqué face à la menace que représentait ma propre fille pour tout ce que j'avais construit patiemment au fil de trente années de travail acharné. »

L'enquêteur principal, l'inspecteur Damien Roussel, un homme d'une quarantaine d'années au regard implacable habitué aux affaires les plus complexes de la principauté, resta parfaitement impassible face à cette tentative de justification qu'il avait déjà entendue, sous des formes similaires, dans de nombreuses autres affaires criminelles au fil de sa carrière. « Panique ou non, Madame de Vallière, l'enregistrement audio et les témoignages recueillis démontrent une intention claire et délibérée. Vous avez ordonné à votre mari de pousser votre propre fille par-dessus le bastingage, avec votre petit-fils dans les bras, et vous avez ensuite prononcé ces mots que nous avons entendus distinctement sur l'enregistrement. »

Gérard Fenoy, de son côté, tenta initialement de rejeter l'entière responsabilité sur son épouse, affirmant devant les enquêteurs avoir simplement obéi à ses instructions sans véritablement comprendre la gravité de ce qu'il faisait à ce moment précis, une défense que son propre avocat jugea immédiatement fragile et peu susceptible de convaincre un tribunal.

« Cela ne vous exonère en rien de votre propre responsabilité pénale, » lui rappela fermement son propre avocat lors d'un entretien confidentiel, lui conseillant vivement de coopérer pleinement avec l'enquête plutôt que de persister dans une ligne de défense manifestement intenable face à l'accumulation des preuves matérielles et testimoniales.

---

Après quarante-huit heures de garde à vue et plusieurs interrogatoires approfondis menés avec la plus grande rigueur, le procureur décida de déférer Régine de Vallière et Gérard Fenoy devant le juge d'instruction, qui prononça leur mise en examen pour tentative d'homicide volontaire aggravée, ainsi que pour falsification de testament et abus de faiblesse, des chefs d'accusation qui firent immédiatement la une de la presse régionale et même de certains grands quotidiens nationaux, tant l'affaire semblait révéler l'envers spectaculaire d'une famille en apparence irréprochable.

Les deux époux furent placés sous contrôle judiciaire strict, avec interdiction formelle d'entrer en contact avec Delphine, Marc ou Hugo, ainsi qu'avec l'ensemble des témoins ayant déposé dans cette affaire, en attendant la tenue du procès qui se profilait désormais à l'horizon des prochains mois, une échéance qui pesait lourdement sur toute la famille malgré le soulagement immédiat de voir la justice enfin saisie de cette affaire.

Delphine, informée de cette mise en examen par Maître Fontanel lors d'un appel téléphonique qu'elle attendait avec une anxiété mêlée d'espoir, ressentit un soulagement immense mêlé d'une tristesse profonde face à l'effondrement définitif de l'image qu'elle s'était longtemps forgée de sa propre mère, cette femme qu'elle avait admirée et redoutée tout à la fois pendant toute son existence.

May you like

« Je n'aurais jamais imaginé, » confia-t-elle à Marc ce soir-là, blottie contre lui sur le canapé de leur appartement pendant qu'Hugo dormait enfin paisiblement dans sa chambre, « que je devrais un jour porter plainte contre ma propre mère pour avoir tenté de me tuer, moi et notre fils. C'est une chose que je n'aurais jamais crue possible, même dans mes pires cauchemars. »

« Tu as fait ce qu'il fallait faire, » la rassura Marc, la serrant tendrement contre lui, déposant un baiser dans ses cheveux encore humides de la douche qu'elle venait de prendre. « Pour toi, pour Hugo, et pour la vérité elle-même. Personne ne pourra jamais te reprocher d'avoir cherché justice après ce qu'elle a tenté de vous faire. »

Other posts