chapitre 11 - L'Hôpital

Chapter 11 - chapitre 11 - L'Hôpital
Delphine et Hugo furent transportés, dès leur arrivée à quai, vers l'hôpital Princesse Grace de Monaco, où une équipe médicale les prit immédiatement en charge, les examinant minutieusement pour évaluer l'ampleur des dommages causés par cette chute et cette immersion prolongée dans l'eau froide de la Méditerranée nocturne, redoutant particulièrement une hypothermie sévère chez le jeune Hugo.
Marc, alerté en urgence par un appel de Julien Castel lui-même qui avait pris la peine, malgré l'agitation générale à bord du yacht, de contacter directement le mari de la victime avant même l'arrivée officielle des secours terrestres, arriva à l'hôpital dans un état de panique totale, ayant conduit à une vitesse dangereuse depuis le port jusqu'à l'établissement hospitalier, se précipitant vers la chambre où sa femme et son fils reprenaient lentement leurs esprits sous surveillance médicale constante.
« Vous êtes vivants, » murmura-t-il, les larmes aux yeux, serrant simultanément Delphine et Hugo dans une étreinte tremblante d'émotion et de soulagement mêlés, incapable de retenir ses sanglots devant l'infirmière qui observait la scène avec une compassion silencieuse. « Dieu merci, vous êtes tous les deux vivants, j'ai cru... j'ai cru que j'allais vous perdre tous les deux pour toujours. »
Delphine, encore fragile mais parfaitement lucide malgré l'épuisement extrême qui pesait sur chacun de ses gestes, lui raconta immédiatement l'ensemble des événements terribles qui venaient de se produire, la provocation initiale de sa mère sur ce pont désert, l'intervention violente et soudaine de Gérard, et surtout ces derniers mots glacials prononcés juste avant la chute, mots qui résonnaient encore dans son esprit comme un écho qu'elle ne pourrait jamais totalement faire taire.
« Elle a essayé de nous tuer, Marc, » murmura-t-elle, la voix encore tremblante, s'accrochant à la main de son mari comme elle s'était accrochée quelques heures plus tôt à ce bastingage qui avait failli devenir son tombeau. « Notre propre fils et moi-même. Pour protéger cette vente et ce testament falsifié. Elle nous a regardés tomber, Marc, sans le moindre remords apparent. »
Marc, bouleversé par cette confirmation terrible de ce qu'il redoutait confusément depuis le début de cette affaire, sans jamais avoir osé imaginer une telle extrémité de la part de sa belle-mère, contacta immédiatement Maître Fontanel, malgré l'heure tardive, qui se déplaça elle-même à l'hôpital dès le lendemain matin, avant même l'aube, pour recueillir officiellement le témoignage complet de Delphine tant que les souvenirs restaient frais et précis.
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« Nous avons désormais bien plus qu'un simple faisceau d'indices financiers, » expliqua Maître Fontanel après avoir écouté attentivement le récit complet de cette soirée terrible, prenant des notes méticuleuses sur son carnet tout en enregistrant également la conversation avec l'accord explicite de Delphine. « Nous avons une tentative d'homicide caractérisée, avec des témoins directs à bord du yacht, ce qui change complètement la nature et l'urgence de notre démarche judiciaire. »
Julien Castel, contacté officiellement par les autorités monégasques dès le lendemain matin, confirma intégralement sa version des faits, précisant avoir personnellement assisté à la scène depuis son poste de vigie, et ayant même conservé, sur son téléphone personnel, un enregistrement audio partiel capté involontairement lors de son appel radio d'urgence, enregistrement sur lequel on entendait distinctement, en arrière-plan malgré le bruit du vent, la voix de Régine prononçant ces derniers mots fatidiques juste avant la chute.
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« Cet enregistrement pourrait s'avérer absolument déterminant, » expliqua Maître Fontanel, visiblement satisfaite de cette découverte inattendue qui venait considérablement renforcer un dossier déjà solide. « Combiné au témoignage de Julien Castel et à celui, potentiellement, de Madame Ferrand si elle accepte de coopérer pleinement avec la justice malgré les pressions que votre mère pourrait exercer sur elle, nous disposons désormais d'un dossier extrêmement solide contre votre mère et votre beau-père, un dossier qui devrait convaincre n'importe quel juge d'instruction sérieux. »
Delphine, encore alitée mais déterminée plus que jamais à obtenir justice pour elle-même et pour son fils, hocha fermement la tête malgré la fatigue qui pesait encore sur chacun de ses gestes. « Faisons en sorte que justice soit rendue, Maître. Quelles qu'en soient les conséquences pour notre famille, pour l'image de notre groupe, pour tout ce que nous devrons affronter dans les mois à venir. Ma mère ne peut pas s'en tirer ainsi après avoir tenté de tuer son propre petit-fils. »