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chapitre 08 - La Première Rencontre

chapitre 08 - La Première Rencontre

La rencontre eut lieu un dimanche après-midi de septembre, dans un café tranquille du centre d'Avignon, à michemin entre les deux villes.

Odette arriva la première, une heure en avance, incapable de tenir en place au mas. Henri l'accompagna, restant discrètement à une table voisine, prêt à intervenir si sa femme avait besoin de soutien, mais laissant les deux femmes se rencontrer sans témoin direct.

Quand Marguerite entra dans le café, Odette la reconnut immédiatement. Les mêmes yeux gris-vert qu'elle-même. La même façon de se tenir, droite, légèrement raide, comme prête à affronter n'importe quelle épreuve.

« Marguerite, » murmura Odette, se levant, les jambes tremblantes.

« Madame Fabron, » répondit Marguerite, plus formelle, plus prudente.

Elles s'assirent l'une en face de l'autre, un silence chargé d'émotion contenue s'installant entre elles, ni tout à fait étrangères, ni tout à fait familières.

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« Je m'appelle Odette, » dit finalement la mère biologique, d'une voix hésitante. « Tu peux m'appeler ainsi, si tu le souhaites. Ou pas du tout, si tu préfères. Je comprendrais. »

Marguerite hocha lentement la tête. « Odette. » Elle prononça le prénom comme on teste un mot nouveau, encore inconfortable dans la bouche. « J'ai apporté quelque chose. »

Elle sortit de son sac une photographie, différente de celle qu'Henri avait gardée pendant trente ans. Une photo de Marguerite bébé, dans les bras d'une femme souriante que Odette ne connaissait pas.

« Ma mère adoptive, » expliqua Marguerite. « Elle est décédée il y a cinq ans. Je voulais que vous sachiez qu'elle m'a aimée profondément, toute sa vie. Je ne dis pas cela pour vous blesser. Je veux juste que vous compreniez que je n'ai jamais souffert d'un manque d'amour. »

Odette prit la photographie avec des mains tremblantes, examinant le visage souriant de cette femme inconnue qui avait élevé sa fille.

« Merci, » murmura-t-elle, les larmes coulant librement. « Merci de l'avoir aimée comme je n'ai jamais pu le faire. »

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La conversation se poursuivit pendant deux heures, prudente au début, puis progressivement plus fluide, plus naturelle. Marguerite parla de son mari, de ses enfants adolescents, de son métier d'institutrice qu'elle adorait.

Odette raconta, à son tour, sa vie avec Henri, la naissance d'Antoine, les années de silence qu'elle avait maintenues sur ce premier enfant perdu.

« J'ai un frère, alors, » dit Marguerite à un moment, presque étonnée par ce mot nouveau. « Antoine. »

« Il aimerait beaucoup te rencontrer, » dit Odette. « Si tu es prête. Et sa femme, Camille. Ils ont une petite fille. Léa. Ta nièce. »

Marguerite sourit, un vrai sourire cette fois, chaleureux malgré la prudence qui persistait dans son regard.

« Je crois que je suis prête, » dit-elle. « À rencontrer ma nouvelle famille. Doucement. À notre rythme. »

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Lisez la suite, Chapitre 9 — parce que la rencontre entre Marguerite et Antoine, quelques semaines plus tard, va révéler une ressemblance troublante entre le frère et la sœur.

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