chapitre 02 - Trois Heures Plus Tôt

chapitre 02 - Trois Heures Plus Tôt
Trois heures plus tôt, Camille était arrivée au Mas des Oliviers le cœur gonflé de joie.
Elle portait une robe de mousseline bleu pâle, celle qu'elle avait choisie avec Antoine pour cette journée si particulière. Dans ses bras, la petite Léa, endormie dans sa robe de baptême immaculée, brodée à la main par une couturière d'Aix-en-Provence.
Le mas, propriété de la famille Fabron depuis quatre générations, se dressait au milieu d'un océan d'oliviers argentés, sous le ciel bleu et or de la fin d'après-midi provençale.
Odette avait organisé la réception avec sa minutie habituelle : tables blanches dressées sous les tilleuls, guirlandes lumineuses, bouquets de lavande fraîchement coupée. Rien n'avait été laissé au hasard, comme toujours.
« Camille. » Odette l'accueillit d'un baiser sec sur chaque joue. « Léa est magnifique dans cette robe. »
Le compliment sonnait juste, pour une fois. Mais quelque chose, dans le regard d'Odette, restait fermé, calculateur.
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Antoine, le mari de Camille, embrassa sa mère avec la tendresse un peu tendue d'un fils qui sait sa mère capable d'imprévisibilité.
« Tout est parfait, Maman. Merci pour tout ce que tu as organisé. »
« C'est le baptême de ma petite-fille, » répondit Odette avec un sourire qui, avec le recul, cachait déjà autre chose. « Il fallait bien que ce soit à la hauteur. »
Henri, le père d'Antoine, restait en retrait, comme il le faisait souvent lors des grandes réunions familiales. Un homme discret, aux gestes mesurés, qui observait davantage qu'il ne parlait.
Camille l'avait toujours trouvé un peu mystérieux. Gentil, mais distant. Comme s'il portait, en permanence, un poids qu'il ne partageait avec personne.
Elle ne savait pas encore à quel point cette impression était juste.
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La cérémonie religieuse s'était déroulée sans accroc, dans la petite chapelle du village voisin. Léa avait à peine pleuré lors de l'aspersion d'eau bénite, sous les sourires attendris de l'assemblée.
De retour au mas pour la réception, l'ambiance était à la fête. Le champagne coulait, les conversations s'entremêlaient sous les oliviers, et Camille, épuisée mais heureuse, se laissait porter par la douceur de cette journée.
C'est au moment des discours que tout bascula.
Le parrain de Léa, un ami d'enfance d'Antoine, venait de lever son verre pour un toast improvisé, évoquant avec humour les nuits blanches à venir pour les jeunes parents.
Odette, qui avait bu plus de champagne qu'à l'accoutumée, se leva soudain, le visage durci.
« J'ai quelque chose à ajouter, » dit-elle, sa voix portant sur toute l'assemblée.
Camille sentit un frisson lui parcourir l'échine. Elle ne savait pas encore que ce frisson annonçait la scène la plus violente de sa vie.
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Lisez la suite, Chapitre 3 — parce que ce qu'Odette s'apprêtait à dire ce jour-là couvait depuis des mois, et personne n'en connaissait la véritable origine.