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chapitre 06 - La Décision d'Antoine

chapitre 06 - La Décision d'Antoine

Le lendemain matin, alors que le mas retrouvait son calme habituel, Antoine trouva son père seul dans le bureau, la fameuse photographie posée sur son secrétaire.

« Papa. Je veux retrouver ma sœur. »

Henri leva les yeux, surpris mais pas réellement étonné. « J'espérais que tu dirais ça. »

« As-tu gardé d'autres informations ? Le nom de la famille qui l'a adoptée ? »

Henri ouvrit un tiroir fermé à clé et en sortit une enveloppe jaunie, semblable à celle qui contenait la photographie. « Ta mère m'a confié ceci, il y a quinze ans, un soir où elle avait trop bu de vin et où sa douleur était devenue trop lourde à porter seule. Le nom de l'assistante sociale qui a supervisé l'adoption. Le nom de la famille d'accueil initiale, dans le Vaucluse. C'est tout ce qu'elle a jamais su. »

Antoine parcourut les documents avec une émotion grandissante. Une sœur. Quelque part en France, une femme d'une quarantaine d'années portait peut-être encore les traits de sa mère sans jamais savoir d'où elle venait vraiment.

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Camille, qui les avait rejoints avec Léa dans les bras, posa une main sur l'épaule de son mari. « Que dit ta mère de cette idée ? »

« Je ne lui en ai pas encore parlé, » admit Antoine. « J'ai peur de sa réaction. »

« Je crois, » dit Camille doucement, « qu'après hier soir, ta mère a davantage besoin de refermer cette blessure que de la fuir encore. »

Ils trouvèrent Odette dans le jardin, assise sur un banc de pierre à l'ombre d'un olivier, le regard perdu vers les collines provençales qui ondulaient au loin.

« Maman, » dit Antoine en s'asseyant à côté d'elle. « Je veux retrouver Marguerite. »

Odette ferma les yeux un long moment. « J'ai peur, Antoine. Peur qu'elle me haïsse. Peur qu'elle refuse même de me voir. »

« C'est possible, » admit Antoine. « Mais tu ne le sauras jamais si tu ne tentes rien. »

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« Je peux vous aider, » proposa Camille. « Une amie de fac travaille aujourd'hui dans un service qui aide justement les personnes adoptées et leurs familles biologiques à se retrouver, quand les deux parties sont consentantes. C'est encadré, respectueux, à votre rythme. »

Odette regarda sa belle-fille avec une expression mêlant gratitude et étonnement. « Après ce que je t'ai fait hier, tu es prête à m'aider ainsi ? »

« Odette, » répondit Camille avec une douceur ferme. « Vous avez porté cette douleur seule pendant trente ans. Il est temps que quelqu'un vous aide à la porter autrement. »

Des larmes silencieuses coulèrent sur le visage d'Odette, différentes de celles versées la veille. Des larmes, cette fois, qui ressemblaient davantage à un soulagement naissant qu'à de la honte.

« Merci, » murmura-t-elle. « Merci, Camille. »

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Lisez la suite, Chapitre 7 — parce que les recherches vont aboutir plus vite que prévu, et Marguerite va accepter, avec hésitation, une première rencontre.

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