chapitre 09 - La Gifle

Chapter 09 - chapitre 09 - La Gifle
« Tu crois que ton argent te protège de moi ? » gronda Étienne, sa voix rauque et basse portant en elle toute l'ampleur de la trahison qu'il ressentait à cet instant précis, chaque mot arraché du plus profond de sa gorge nouée par une fureur incontrôlable qui semblait avoir totalement supplanté le calme habituel qui le caractérisait pourtant en toutes circonstances, y compris les plus difficiles de sa vie professionnelle.
Camille recula d'un pas face à cette confrontation directe, ses yeux s'écarquillant sous le choc de cette colère qu'elle n'avait jamais vue s'exprimer avec une telle intensité chez son mari, habituellement si maîtrisé et si posé dans l'ensemble de ses interactions sociales, quelle qu'en soit la difficulté apparente.
C'est alors qu'Étienne, submergé par une rage qu'il ne parvenait plus totalement à contrôler, leva la main dans un geste d'une soudaineté terrible et la fit s'abattre sur la joue de sa femme, ce claquement sec résonnant presque aussi fort, dans le silence absolu qui régnait désormais dans ce hall, que la chute de son propre père quelques instants auparavant.
Camille vacilla sous l'impact, sa main se portant instinctivement à sa joue rougie, ses yeux emplis d'une stupeur et d'une incrédulité totales face à ce geste qu'elle n'avait absolument pas anticipé de la part de cet homme qu'elle connaissait pourtant si intimement depuis maintenant plus de trois années de relation, ce geste de violence physique venant s'ajouter, dans cette soirée déjà terrible, à l'ensemble des révélations qui menaçaient désormais de détruire irrémédiablement l'existence qu'elle avait patiemment construite au fil des années précédentes.
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Étienne, réalisant presque instantanément l'ampleur de ce qu'il venait de faire, sentit un profond regret l'envahir déjà, mais il n'eut absolument pas le temps de s'attarder sur les conséquences de ce geste impulsif, son attention se recentrant immédiatement et totalement sur son père toujours immobile sur le sol de marbre, cette urgence absolue supplantant tout autre considération dans son esprit désormais entièrement focalisé sur l'état véritable de Bernard.
Il se retourna brusquement, se précipitant vers son père, s'agenouillant brutalement à ses côtés, ses genoux heurtant durement la pierre froide à travers le tissu de son costume bleu marine parfaitement coupé, cette même tenue qu'il avait choisie avec tant de soin quelques heures plus tôt seulement pour célébrer cet anniversaire qui devait initialement rester l'un des plus beaux souvenirs de son existence.
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« Papa, » murmura-t-il, sa voix se brisant tandis qu'il posait une main tremblante sur l'épaule de Bernard, tentant désespérément de percevoir le moindre signe de conscience chez cet homme qui l'avait élevé seul depuis la mort de sa mère, vingt années auparavant, et dont l'état actuel le terrifiait désormais au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer devoir affronter durant cette soirée pourtant censée être si joyeuse.
Camille, en retrait, une main toujours pressée contre sa joue meurtrie, observait cette scène avec une expression indéchiffrable, mêlant terreur, culpabilité et quelque chose de plus sombre encore que personne, dans cet instant de chaos absolu, n'aurait pu véritablement déchiffrer sur son visage désormais totalement livide face à l'ampleur des conséquences de son geste impulsif.