chapitre 14 - La Vérité sur le Médoc

Chapter 14 - chapitre 14 - La Vérité sur le Médoc
Face à l'accumulation méthodique des preuves rassemblées contre elle, Camille finit par accepter, sur les conseils insistants de son propre avocat qui espérait ainsi obtenir une certaine clémence judiciaire, de coopérer partiellement avec l'enquête, révélant progressivement, lors de plusieurs interrogatoires menés conjointement par l'inspecteur Belhadj et les autorités girondines désormais officiellement saisies de la réouverture du dossier Rousselet, les circonstances véritables de cette nuit terrible survenue tant d'années auparavant dans le Médoc.
« Philippe voulait me quitter, » admit-elle finalement, sa voix tremblante trahissant enfin une vulnérabilité qu'elle avait toujours soigneusement dissimulée derrière son assurance mondaine habituelle. « Il avait découvert que je n'étais pas celle que je prétendais être, que j'avais menti sur mon propre passé pour l'épouser. Nous nous sommes disputés violemment cette nuit-là, et dans un moment de panique absolue, je l'ai poussé dans l'escalier. Je n'avais absolument pas l'intention de le tuer, je vous le jure, mais j'ai paniqué complètement lorsque j'ai réalisé qu'il ne se relevait plus. »
Cette confession, bien que partiellement atténuée par cette affirmation d'absence d'intention meurtrière initiale, confirma néanmoins définitivement les soupçons terribles que Bernard avait formulés quant à la véritable nature criminelle du passé de sa belle-fille, cette même femme qui avait, des années plus tard, reproduit un schéma terriblement similaire face à la menace d'une nouvelle exposition publique de ses mensonges accumulés.
« Et concernant Bernard, ce soir-là ? » demanda fermement l'inspecteur Belhadj, poursuivant méthodiquement son interrogatoire malgré l'émotion palpable qui traversait désormais cette confession terrible.
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« J'ai paniqué exactement de la même manière, » admit Camille, les larmes coulant désormais librement sur son visage tandis qu'elle réalisait pleinement l'ampleur de la spirale destructrice dans laquelle elle s'était elle-même enfermée au fil des années, incapable d'échapper véritablement à ce schéma terrible qu'elle avait pourtant cru pouvoir définitivement enterrer sous des années de reconstruction méticuleuse de son existence. « Quand Bernard m'a annoncé qu'il allait tout révéler à Étienne, j'ai revécu instantanément cette même terreur absolue que j'avais ressentie face à Philippe, cette même certitude que tout ce que j'avais construit allait s'effondrer définitivement. »
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Cette confession complète, recueillie officiellement par les autorités compétentes des deux juridictions désormais concernées par cette affaire criminelle exceptionnelle, permit d'établir définitivement la responsabilité pénale de Camille tant dans la mort de Philippe Rousselet que dans les violences volontaires ayant causé le traumatisme crânien de Bernard, cette double affaire criminelle s'annonçant désormais comme l'une des plus retentissantes de toute la région pour les mois à venir.
Étienne, informé de cette confession complète par l'inspecteur Belhadj lui-même, ressentit un mélange complexe d'horreur définitive et d'un soulagement paradoxal de voir enfin la vérité complète éclater au grand jour, mesurant avec effroi combien il avait été proche, sans jamais le soupçonner, de partager son existence tout entière avec une femme capable d'un tel niveau de violence calculée pour protéger ses propres secrets.