chapitre 10 - L'Attente de l'Ambulance

Chapter 10 - chapitre 10 - L'Attente de l'Ambulance
Les larmes montèrent instantanément aux yeux d'Étienne tandis que la panique remplaçait progressivement la colère qui l'avait habité quelques instants plus tôt seulement, ses mains tremblant violemment tandis qu'il tentait de soulever légèrement la tête de son père, la calant contre son propre avant-bras avec une délicatesse désespérée, cherchant désespérément un signe, aussi infime soit-il, qui pourrait le rassurer sur l'état de celui qui représentait toute sa famille depuis tant d'années.
Autour d'eux, les invités s'étaient rassemblés en cercle, un silence terrible ayant remplacé le brouhaha joyeux de cette soirée qui devait initialement célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de l'entreprise familiale des Rocheval, plusieurs personnes présentes ayant déjà contacté les services d'urgence dès les premiers instants de cette scène terrible qui venait de bouleverser irrémédiablement cette célébration mondaine.
Étienne, relevant la tête vers l'assemblée pétrifiée, hurla d'une voix rauque et déchirée, une voix qui semblait provenir des tréfonds mêmes de son désespoir, chaque syllabe arrachée avec une douleur presque physique : « Appelez une ambulance, maintenant ! » Le mot « maintenant » se brisa presque totalement dans sa gorge, sa voix cédant sous le poids d'une terreur absolue face à la possibilité, qu'il ne pouvait même pas se résoudre à formuler intérieurement, que son propre père puisse ne jamais rouvrir les yeux.
« Elle arrive, » l'informa immédiatement Maître Jacques Fontarel, le vieil ami et avocat de Bernard, qui se trouvait précisément parmi les invités de cette soirée et qui s'était précipité dès les premiers instants vers son ami de toujours, désormais agenouillé lui aussi près de Bernard, vérifiant avec des gestes professionnels appris lors d'une lointaine formation aux premiers secours le pouls encore perceptible, bien que faible, de son ami de longue date. « Il respire encore, Étienne. Reste calme. Les secours seront là dans quelques minutes seulement. »
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Ces quelques minutes d'attente s'écoulèrent comme une éternité insoutenable pour Étienne, chaque seconde semblant s'étirer indéfiniment tandis qu'il gardait son père contre lui, murmurant des paroles de réconfort qu'il n'était pas certain que Bernard puisse même entendre dans son état actuel de semi-conscience, ses propres larmes coulant sans retenue sur son visage tandis que l'ensemble des invités présents observait cette scène déchirante avec une compassion mêlée d'un choc profond.
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Camille, toujours en retrait, ne fit aucun geste pour s'approcher de la scène, consciente que sa présence risquerait de déclencher une réaction encore plus violente de la part d'Étienne, mais également paralysée par une confusion de sentiments qu'elle ne parvenait absolument plus à démêler clairement dans son propre esprit, tiraillée entre la peur d'être définitivement démasquée et une forme de culpabilité qu'elle n'avait jamais véritablement laissée s'exprimer depuis cette nuit terrible dans le Médoc, tant d'années auparavant.
Le hurlement lointain de la sirène d'ambulance résonna enfin dans la propriété silencieuse, ce son providentiel provoquant un soulagement immédiat et palpable parmi l'ensemble des invités présents, chacun retenant néanmoins son souffle en attendant de connaître le véritable état de Bernard, dont l'avenir immédiat demeurait encore terriblement incertain tandis que les premiers secouristes franchissaient précipitamment le seuil de la villa.