chapitre 07 - L'Intervention d'Édouard

Chapter 07 - chapitre 07 - L'Intervention d'Édouard
Édouard Castellan s'avança lentement dans le couloir, son regard glacial passant méthodiquement de la canne noire encore tenue par Antoine, au vase brisé et à la table console renversée, puis à sa fille toujours effondrée sur le marbre, sa petite-fille dressée fièrement devant elle dans une posture de protection farouche qui toucha profondément le cœur de ce grand-père qu'elle n'avait pourtant jamais vu manifester une telle émotion en public, lui qui cultivait habituellement une réserve toute professionnelle même dans les circonstances les plus difficiles.
« Antoine, » dit-il finalement, sa voix parfaitement calme mais chargée d'une autorité si absolue qu'elle sembla immédiatement écraser toute la fureur qui animait encore quelques instants plus tôt le mari de sa fille, ce même ton qu'il utilisait habituellement pour clore définitivement les négociations commerciales les plus tendues face à ses adversaires les plus redoutables. « Pose immédiatement cette canne, ou je te promets que les conséquences de ton geste dépasseront de loin tout ce que tu pourrais imaginer aujourd'hui. »
Antoine, pris entre la panique de voir ses fraudes potentiellement découvertes et la peur instinctive que suscitait la présence même d'Édouard Castellan, dont il connaissait parfaitement la réputation implacable dans le monde des affaires françaises, hésita un long moment avant de finalement laisser tomber la canne, celle-ci résonnant lourdement sur le marbre du couloir avec un bruit métallique qui parut, dans le silence tendu de cet instant, particulièrement assourdissant et définitif.
Édouard s'approcha alors rapidement de Sophie, s'agenouillant à ses côtés avec une tendresse qui contrastait terriblement avec la froideur glaciale qu'il venait tout juste d'afficher face à son gendre, prenant délicatement le visage de sa fille entre ses mains pour évaluer son état, ses propres yeux trahissant enfin, l'espace d'un instant, toute l'inquiétude paternelle qu'il avait su contenir depuis son arrivée précipitée.
« Ma chérie, » murmura-t-il, sa voix trahissant enfin une émotion sincère et profonde qui contrastait délibérément avec sa froideur professionnelle habituelle, « es-tu blessée ? Le bébé va-t-il bien ? Réponds-moi, Sophie, je t'en supplie. »
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Sophie, retrouvant progressivement ses esprits grâce à la présence rassurante de son père, hocha faiblement la tête, ses larmes redoublant tandis qu'elle sentait enfin le poids terrible de cette confrontation commencer à se lever de ses épaules épuisées après ces longues minutes de terreur absolue.
« Je vais bien, Papa, » murmura-t-elle, « juste... juste très secouée. Merci d'être venu, merci d'être arrivé à temps. »
Édouard se tourna vers les deux gardes du corps qui l'avaient accompagné et qui se tenaient désormais discrètement à l'entrée du couloir, leur faisant signe d'un geste bref de venir immédiatement sécuriser la situation, tandis qu'il sortait simultanément son téléphone pour contacter en urgence les services médicaux ainsi que son propre avocat personnel, chacun de ses gestes désormais empreints d'une efficacité méthodique qui contrastait totalement avec le chaos qui régnait quelques instants plus tôt dans ce couloir.
« Appelez immédiatement une ambulance pour ma fille, » ordonna-t-il fermement à l'un des gardes, « et faites en sorte qu'Antoine Malherbe ne quitte absolument pas cet étage avant l'arrivée de la police, quelle que soit la manière dont vous devrez procéder pour l'en empêcher. »
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Alice, toujours agrippée à sa mère mais désormais rassurée par la présence protectrice de son grand-père, leva vers lui un regard rempli d'une gratitude et d'un soulagement immenses, ce même regard qu'elle conserverait toute sa vie comme le souvenir précis de l'instant où tout avait basculé du côté de l'espoir après ces minutes d'une terreur absolue qu'aucun enfant ne devrait jamais avoir à traverser.
« Grand-père, » murmura-t-elle, sa petite voix encore tremblante mais empreinte désormais d'une confiance retrouvée, « tu es venu nous sauver. Je savais que tu viendrais. »