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chapitre 02 - Le Cri d'Alice

Chapter 02 - chapitre 02 - Le Cri d'Alice

Sophie, les yeux mi-clos, luttait pour rester consciente, ses mains toujours crispées sur son ventre, sa respiration hachée par la douleur et par l'angoisse profonde qui étreignait chaque fibre de son être face à ce qui venait de se produire sous les yeux de sa propre fille, cette même fille qu'elle avait toujours voulu protéger de toute forme de violence, quelle qu'en soit l'origine.

Alice, agenouillée à ses côtés sur le marbre froid, secouait doucement les épaules de sa mère, ses petites mains tremblant d'une force qu'elle ne se connaissait pas encore, sa voix continuant de trembler tandis que les larmes ruisselaient sans retenue sur ses joues rougies par l'émotion, chaque sanglot semblant lui arracher un peu plus de cette innocence enfantine qu'elle avait pourtant conservée jusqu'à ce jour terrible.

« Maman... s'il te plaît, réveille-toi ! » implora-t-elle, la voix presque brisée, réduite à un murmure suppliant qui contrastait terriblement avec la violence de la scène qui venait de se dérouler quelques instants plus tôt à peine, ses petits doigts caressant maladroitement la joue de sa mère dans un geste de tendresse désespérée.

Antoine se tenait toujours à quelques pas, la canne noire pendant lourdement à sa main, observant cette scène avec une froideur glaçante qui n'avait absolument rien de paternel, ses yeux fixés sur sa fille agenouillée près de sa mère sans manifester le moindre signe de remords apparent, comme si cette souffrance enfantine ne parvenait même pas à effleurer la surface de sa propre colère et de son désespoir financier grandissant.

Les deux femmes de chambre restaient figées plus loin dans le couloir, n'osant pas s'approcher davantage, terrifiées à l'idée d'attirer sur elles la colère encore vibrante de leur employeur, un homme dont l'autorité tyrannique s'était toujours imposée sans partage sur l'ensemble du personnel de cet hôtel prestigieux, chacune d'entre elles craignant pour son propre emploi autant que pour sa propre sécurité personnelle.

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Puis, dans un geste qui surprit absolument tout le monde présent dans ce couloir, Alice se releva brusquement, son petit visage encore ruisselant de larmes, mais son regard se transformant en une seconde à peine, passant de la détresse la plus pure à une détermination farouche et inattendue chez une enfant de sept ans, une transformation si soudaine et si complète qu'elle sembla littéralement changer la nature même de l'air ambiant dans ce couloir tendu.

Elle écarta ses bras, se positionnant fermement devant sa mère toujours étendue sur le sol, son petit corps tremblant mais résolument dressé face à son père, dans un geste de protection instinctive qui semblait échapper totalement à sa jeune conscience et pourtant si absolue dans sa détermination, comme si quelque chose de bien plus grand qu'elle-même guidait désormais chacun de ses gestes.

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« Laisse ma maman tranquille ! » cria-t-elle, sa voix encore chargée de sanglots mais désormais empreinte d'une force et d'une colère qui semblaient bien trop grandes pour son petit corps d'enfant, ses poings serrés à ses côtés, son regard ne cillant absolument pas face à celui, glacial, de son père qui la dominait pourtant de toute sa hauteur menaçante.

Antoine s'immobilisa un instant, visiblement surpris par cette réaction inattendue de sa propre fille, avant que son visage ne se durcisse de nouveau, sa main resserrant sa prise autour de la canne noire dans un geste qui laissait présager le pire pour la suite de cette confrontation terrible, comme si cette résistance enfantine ne faisait qu'attiser davantage encore sa fureur incontrôlée face à cette situation qui lui échappait désormais totalement.

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