chapitre 07 - Un An Plus Tard

chapitre 07 - Un An Plus Tard
Un an s'était écoulé depuis cette proposition inattendue d'Élodie. Corinne, grâce à la pension mensuelle convenue, avait pu progressivement rembourser ses dettes les plus urgentes, tout en entamant une reconversion professionnelle vers un poste de consultante en organisation d'événements pour une entreprise bordelaise, un emploi plus stable que sa précédente activité indépendante.
Les relations entre les deux femmes, bien que restant empreintes d'une prudence naturelle après ce qui s'était passé, avaient néanmoins évolué vers une forme de respect mutuel, construit patiemment, visite après visite.
Corinne venait désormais régulièrement au château, une fois par mois, pour voir son neveu grandir, apportant toujours un petit cadeau soigneusement choisi, un livre, un jouet en bois, un vêtement pour la saison suivante.
Gabriel, désormais âgé de dix-huit mois, accueillait sa tante avec les cris de joie spontanés propres aux tout-petits, ignorant totalement l'histoire tourmentée qui avait précédé ces visites désormais familières.
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Ce dimanche-là, à l'occasion d'un déjeuner familial organisé dans le grand jardin du château, sous les tilleuls centenaires qui bordaient la terrasse, Corinne prit la parole devant Élodie et Maître Vasseur, invité également à cette réunion plus informelle.
« Je voulais vous remercier, » commença-t-elle, s'adressant directement à Élodie, la voix empreinte d'une émotion sincère. « Non seulement pour votre générosité financière, mais surtout pour m'avoir donné une seconde chance que je ne méritais probablement pas, après le geste inqualifiable que j'ai eu envers vous ce jour-là. »
« Nous avons toutes les deux traversé des moments difficiles, » répondit Élodie avec douceur. « Le deuil, la peur, la colère mal dirigée. Je préfère que nous avancions désormais ensemble, pour Gabriel, plutôt que de rester prisonnières de ce moment terrible. »
Maître Vasseur, observant cette scène avec une satisfaction discrète, repensa à la clause qu'il avait rédigée, plusieurs années auparavant, à la demande de Thomas.
« Votre mari, » dit-il finalement, s'adressant à Élodie, « aurait été profondément heureux de voir cette réconciliation. Il n'a jamais souhaité, je crois, que cette clause protectrice devienne une source de rupture définitive au sein de sa famille. »
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Gabriel, courant sur la pelouse avec l'énergie débordante de son âge, trébucha soudain, avant d'être rattrapé, presque simultanément, par les bras tendus de sa mère et de sa tante, dans un geste spontané qui les fit toutes deux éclater de rire, un rire léger, sincère, qui aurait semblé impensable, un an plus tôt, dans la bibliothèque sombre où tout avait commencé.
« Il grandit si vite, » murmura Corinne, essuyant une larme discrète en regardant son neveu repartir en courant vers les massifs de fleurs. « Thomas serait si fier de lui. »
« Il l'est certainement, » répondit Élodie, levant les yeux vers le ciel bleu de cette après-midi de printemps bordelais. « D'une manière ou d'une autre. »
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— le dernier chapitre, parce que trois ans après cette réconciliation, une lettre retrouvée dans les archives de Thomas va révéler ses véritables dernières pensées pour sa famille.