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« Son mari fouettait le sol autour d'elle, enceinte de huit mois — puis son père a franchi la porte avec ses gardes. »

« Son mari fouettait le sol autour d'elle, enceinte de huit mois — puis son père a franchi la porte avec ses gardes. »

## chapitre 01 - Le Grand Salon

Le claquement du fouet de cuir noir déchira l'air du grand salon avant de s'abattre violemment sur le marbre blanc, à quelques centimètres seulement des pieds nus de Léa, ce bruit sec et terrible résonnant contre les hauts murs lambrissés de cette demeure familiale de Neuilly-sur-Seine où elle avait pourtant toujours cru trouver refuge et sécurité depuis son mariage.

Léa, recroquevillée contre le canapé couleur crème, ses huit mois de grossesse alourdissant chacun de ses mouvements, pleurait déjà depuis de longues minutes, ses mains tremblantes protégeant instinctivement son ventre arrondi tandis que Julien, son mari, se tenait devant elle, les yeux injectés d'une rage qu'elle ne lui connaissait que trop bien désormais, cette fureur incontrôlable qui semblait le posséder entièrement chaque fois que quelque chose contrariait ses plans.

Le premier coup de fouet avait manqué de peu ses pieds. Le second, exécuté avec la même violence désespérée, balaya la petite table de verre voisine, un vase de cristal se fracassant contre le sol de marbre dans une explosion d'éclats scintillants et d'eau qui se répandit tout autour d'elle, quelques fragments atterrissant dangereusement près de son visage sans toutefois la toucher directement.

« Julien, je t'en supplie, » sanglotait-elle, sa voix se brisant sous l'effet de la terreur pure, une main toujours crispée sur son ventre, l'autre levée devant son visage dans un geste dérisoire de protection contre cet homme qu'elle avait pourtant épousé avec tant d'amour, trois ans auparavant, sans jamais soupçonner la véritable nature destructrice qui se dissimulait derrière son charme mondain si soigneusement entretenu.

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Julien leva à nouveau le fouet noir, son bras tremblant d'une fureur qui semblait désormais totalement incontrôlable, prêt à faire s'abattre une nouvelle fois cette arme de cuir contre le marbre, cette violence répétée constituant, depuis plusieurs mois déjà, l'expression terrible de sa propre panique grandissante face à des circonstances qu'il ne parvenait plus véritablement à maîtriser dans sa propre existence.

C'est à cet instant précis que les grandes portes doubles du salon s'ouvrirent avec fracas, révélant Victor Aumont, le père de Léa, industriel puissant et respecté dont l'empire commercial s'étendait bien au-delà des frontières françaises, accompagné de trois hommes en costume noir dont la carrure imposante trahissait immédiatement leur fonction de garde du corps personnel.

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Victor, découvrant sa propre fille recroquevillée en larmes, protégeant désespérément son ventre arrondi tandis que son mari se tenait au-dessus d'elle avec cette arme terrible encore levée dans les airs, sentit une colère glaciale l'envahir instantanément, ses traits habituellement si maîtrisés se durcissant sous l'effet d'une fureur paternelle qu'il ne parvenait plus lui-même totalement à contenir.

« Lâche ça ! » hurla-t-il, sa voix résonnant comme un coup de tonnerre dans ce grand salon désormais figé par cette intervention aussi soudaine qu'inattendue, l'ensemble des personnes présentes se pétrifiant instantanément face à cette autorité absolue qui semblait, en une seule exclamation, avoir totalement renversé le rapport de force qui dominait pourtant cette pièce quelques secondes plus tôt à peine.

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