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Les Comptes de Diane

Chapter 04 - Les Comptes de Diane

Julien a mis trois jours avant de me rappeler, la voix grave.

"J'ai regardé les comptes de Maman. Ceux de sa boutique."

Diane tenait une petite boutique de décoration depuis vingt ans, dans le centre-ville. Je savais qu'elle en était fière, mais je n'avais jamais vraiment prêté attention à sa situation financière.

"Elle est en faillite, Camille. Ou presque. Elle doit plus de quatre-vingt mille euros à ses fournisseurs, et sa banque a refusé de renouveler sa ligne de crédit le mois dernier."

"Qu'est-ce que ça a à voir avec Léo ?"

Julien a hésité.

"Le fonds fiduciaire de mon grand-père. Celui qui doit revenir à Léo à sa majorité, géré par le conseil de famille jusque-là. J'ai découvert que ma mère a demandé, il y a deux mois, à être nommée seule gestionnaire de ce fonds, en argumentant que je voyageais trop pour famille pour m'en occuper correctement, et que toi..."

Il s'est arrêté.

"Et que moi, quoi ?"

"Et que tu n'étais pas en état stable pour élever un enfant seule pendant mes absences."

J'ai senti quelque chose se refermer dans ma poitrine, froid et précis.

"Elle voulait me faire passer pour une mère négligente. Pour prouver au conseil de famille que je n'étais pas fiable, et obtenir le contrôle du fonds de Léo."

"Je ne veux pas croire ça de ma propre mère, Camille."

"Alors explique-moi pourquoi elle a coupé mes communications avec toi, annulé le traitement de Léo, et laissé sa crise d'asthme s'aggraver pendant cinq jours, juste avant une réunion du conseil de famille prévue ce mois-ci."

Le silence, cette fois, a duré si longtemps que j'ai cru la ligne coupée.

"Il y a une réunion du conseil dans dix jours," a-t-il enfin dit. "Je l'avais complètement oubliée."

"Elle ne l'avait pas oubliée, elle."

J'ai raccroché, les mains tremblantes, pas de peur mais de cette colère froide et méthodique que je connais bien, celle qui me permet de rester calme précisément quand tout le monde autour de moi s'effondre.

Ce soir-là, j'ai ouvert un carnet, celui que j'utilise habituellement pour noter les constantes de mes patients à l'hôpital, et j'ai commencé à consigner chaque fait, chaque date, chaque preuve.

Onze appels manqués. Un mode "Ne pas déranger" activé sans mon consentement. Une usurpation d'identité en pharmacie, documentée. Une demande de gestion exclusive du fonds fiduciaire, déposée deux mois plus tôt.

Ce n'était plus une simple dispute de famille.

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C'était un plan.

Lisez la suite dans la Partie 5 — parce que Léa, la sœur de Julien, a joué un rôle bien plus actif dans ce plan que je ne l'imaginais.

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